Brice Clotaire Oligui Nguema est né le 3 mars 1975 dans le département de Ngouoni (province du Haut-Ogooué, dans le sud-est du Gabon). Il est issu d’une famille enracinée dans deux régions gabonaises : son père était un officier de l’armée, originaire de la province septentrionale du Woleu-Ntem, et sa mère est issue de l’ethnie Téké dans le Haut-Ogooué. Cette double ascendance le lie au clan Bongo qui a dominé la politique gabonaise durant des décennies : sa mère est une cousine de la mère du président Omar Bongo Ondimba, ce qui fait de Brice Oligui Nguema un parent éloigné de la famille présidentielle déchue.
Après ses études secondaires, Brice Oligui Nguema se tourne vers une carrière militaire. Il part suivre une formation à l’Académie royale militaire de Meknès (Maroc), une école qui accueille de nombreux officiers africains, où il obtient son diplôme d’officier. De confession catholique, il est marié et père de famille. Déjà époux de Zita Oligui Nguema, il a contracté un second mariage en 2024, pratique conforme aux usages polygames encore présents au Gabon. Brice Oligui Nguema est aujourd’hui général de brigade de l’armée gabonaise.
Parcours dans les forces armées gabonaises
Après sa formation au Maroc, Brice Oligui Nguema entame sa carrière au sein de la Garde républicaine gabonaise, corps chargé de la protection du chef de l’État. Sous la présidence d’Omar Bongo, il sert d’abord comme aide de camp du président, au cœur du dispositif de sécurité du palais. Lorsque Omar Bongo décède en 2009 et que son fils Ali Bongo lui succède à la tête du pays, le jeune officier Oligui Nguema est écarté du cercle rapproché : il est nommé attaché militaire aux ambassades du Gabon successivement à Rabat (Maroc) puis à Dakar (Sénégal). Il qualifiera plus tard cette mise à l’écart diplomatique d’« exil » forcé loin de Libreville, interprétant sa relégation comme une défiance du nouveau régime à son égard.
Après presque dix ans passés à l’étranger, Brice Oligui Nguema est rappelé au Gabon à un moment critique. En octobre 2019, le président Ali Bongo – fragilisé par un AVC un an plus tôt – le rappelle et le nomme à la tête du renseignement de la Garde républicaine, en remplacement du colonel Frédéric Bongo (demi-frère d’Ali Bongo). Ce poste stratégique à la Direction générale des services spéciaux de la Garde républicaine consiste notamment à assurer en permanence la sécurité du président de la République. Quelques mois plus tard, le 8 avril 2020, alors qu’il n’est encore que colonel, Oligui Nguema est promu commandant en chef de la Garde républicaine, succédant au général Grégoire Kouna à la tête de cette unité d’élite chargée de la protection du régime. Il gagne ainsi en grade et en influence, devenant l’un des piliers du système sécuritaire du président Ali Bongo.
Durant cette période, le général Oligui Nguema s’attache à asseoir son autorité sur l’appareil sécuritaire. D’après Reuters, peu après sa prise de fonctions en 2019, il lance une opération interne baptisée « Mains propres » pour lutter contre les détournements de fonds publics au sein de l’État. En parallèle, il développe un réseau d’alliés dans l’armée et les cercles du pouvoir, tout en restant officiellement loyal au président en place. À la veille de l’élection de 2023, Brice Oligui Nguema est donc un acteur de l’ombre puissant : chef de la Garde républicaine, proche du clan Bongo par ses liens familiaux, mais aussi officier respecté au sein de l’armée, ce qui va le placer au centre des événements à venir.
Rôle dans le coup d’État d’août 2023
Des soldats gabonais portent en triomphe le général Brice Oligui Nguema le 30 août 2023, après l’annonce du coup d’État qui a renversé le président Ali Bongo Ondimba.
Les tensions atteignent leur comble lors de l’élection présidentielle d’août 2023. Dans la nuit du 29 au 30 août 2023, la commission électorale annonce la réélection d’Ali Bongo Ondimba pour un troisième mandat, un scrutin entaché de graves irrégularités selon l’opposition (Internet coupé, couvre-feu imposé, observateurs étrangers écartés). Quelques minutes à peine après la proclamation des résultats officiels, un groupe de militaires apparaît à la télévision d’État gabonaise à l’aube du 30 août pour annoncer l’annulation des élections et la fin du régime Bongo. À leur tête se trouve le général Brice Oligui Nguema, fort de son commandement de la Garde républicaine. Les putschistes déclarent la dissolution des institutions et forment le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), organe militaire de junte. Le président Ali Bongo est aussitôt placé en résidence surveillée dans son palais de Libreville.
Le soir-même du 30 août, Brice Oligui Nguema est proclamé “président de la Transition” par les auteurs du coup d’État. Des images diffusées par Gabon 24 montrent le général porté en triomphe par ses soldats en treillis, célébrant la chute de l’ancien régime. Oligui Nguema devient de facto le chef de l’État, concentrant désormais les pouvoirs exécutif et militaire. Interrogé sur les motivations de ce coup de force, il avance plusieurs justifications : selon le communiqué du CTRI, le scrutin présidentiel du 26 août 2023 “n’était pas crédible” et le pays faisait face à “une grave crise institutionnelle, politique, économique et sociale” nécessitant une intervention salvatrice.
Le général Oligui Nguema présente également ce putsch comme l’aboutissement d’une exaspération générale. À la presse, il évoque la “grogne” du peuple gabonais après 55 ans de règne de la famille Bongo et des élections truquées. « Le Gabon est enfin sur la voie du bonheur » déclarent les militaires à la télévision en qualifiant leur action de “coup de la libération”. Le 4 septembre 2023, moins d’une semaine après le putsch, Oligui Nguema prête serment en tant que président de la Transition lors d’une cérémonie officielle au palais présidentiel de Libreville, devant les juges de la Cour constitutionnelle et les principaux dignitaires du pays.
Premières mesures et projets politiques sous la Transition
Dès sa prise de pouvoir, le général-président Oligui Nguema trace les grandes lignes de la Transition politique qu’il entend mener. Sa devise initiale est de rompre avec les abus de l’ancien régime tout en restaurant la confiance des Gabonais et de la communauté internationale. Ainsi, dans les jours qui suivent le coup d’État, plusieurs mesures symboliques et concrètes sont annoncées :
-
Ouverture politique et inclusion : Le 7 septembre 2023, Oligui Nguema nomme Raymond Ndong Sima au poste de Premier ministre de Transition. Ce choix envoie un signal d’ouverture, car Ndong Sima est une figure de l’opposition modérée (ancien Premier ministre d’Ali Bongo passé à l’opposition). Quelques jours plus tard, le 11 septembre, le président de la Transition instaure un Parlement provisoire inclusif : il désigne l’ancien ministre Jean-François Ndongou (ex-parti au pouvoir) à la tête de l’Assemblée nationale de transition, et Paulette Missambo, cheffe d’un parti d’opposition (Union nationale) membre de la coalition Alternance 2023, à la présidence du Sénat de transition. Cette intégration de personnalités de divers bords vise à assurer une représentation pluraliste durant la période transitoire.
-
Lutte contre la corruption et l’impunité : La toute première annonce du nouveau pouvoir concerne la mise en détention de plusieurs figures de l’ancien régime accusées de détournements de fonds. Parmi elles, Noureddin Bongo Valentin, l’un des fils d’Ali Bongo pressenti comme dauphin, est arrêté dès le 30 août pour malversations financières présumées. D’anciens ministres et hauts fonctionnaires sont également incarcérés et des enquêtes sont ouvertes sur la gestion des fonds publics sous Ali Bongo. Oligui Nguema affiche ainsi sa volonté de mettre fin à la corruption endémique (“assainissement de la vie publique”). Il promet que les biens mal acquis seront récupérés et reversés au développement du pays. Dans les semaines suivantes, la junte affirme par exemple avoir saisi des valises de billets lors des perquisitions et annonce vouloir investir les richesses recouvrées dans des projets au bénéfice de la population. Cette croisade anticorruption est accueillie très favorablement par l’opinion, ravie de voir l’ancien clan au pouvoir contraint de rendre des comptes.
-
Réformes institutionnelles et état de droit : Brice Oligui Nguema suspend temporairement la constitution de 1991 et gouverne par décrets sous l’empire d’une Charte de transition. Il assure toutefois que cette situation est provisoire : « La dissolution des institutions est temporaire, il s’agit de les réorganiser pour les rendre plus démocratiques », déclare-t-il dans un discours le 1er septembre. Parmi les premiers gestes, la junte rétablit l’accès à Internet (coupé par le régime Bongo pendant l’élection) et lève la suspension de médias internationaux (RFI, France 24, TV5 Monde) dès le 30 août, pour montrer une volonté de transparence. Un couvre-feu nocturne demeure en revanche en place pour des raisons de sécurité. Oligui Nguema annonce également la mise en chantier d’une nouvelle Constitution afin de refonder les bases de la République gabonaise. Un référendum constitutionnel est planifié pour l’année 2024 dans le but de tourner la page des dysfonctionnements passés. En octobre 2023, dans un souci d’exemplarité, le président de la Transition renonce publiquement aux privilèges et au salaire présidentiel attachés à sa fonction, déclarant qu’il continuera de percevoir uniquement sa solde de militaire en tant que chef de la Garde républicaine
Programme politique
Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition au Gabon depuis le coup d’État d’août 2023, est candidat à l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2025. Son programme politique, intitulé « Notre essor vers la félicité », repose sur six piliers stratégiques visant à transformer le pays :
-
Réforme des services de base : Améliorer l’accès à l’éducation, à la santé et aux infrastructures essentielles pour tous les Gabonais.
-
Diversification économique : Réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers en développant d’autres secteurs économiques.
-
Bonne gouvernance : Lutter contre la corruption et promouvoir la transparence dans l’administration publique.
-
Justice sociale : Assurer une répartition équitable des richesses et des opportunités entre tous les citoyens.
-
Protection de l’environnement : Préserver les ressources naturelles et promouvoir le développement durable.
-
Renforcement de la souveraineté nationale : Accroître l’autonomie du Gabon dans les affaires internationales et économiques.
Ces axes ont été présentés par les porte-paroles officiels de Brice Clotaire Oligui Nguema lors d’une conférence de presse le 1er avril 2025 à Libreville, où ils ont détaillé les principales articulations du projet du candidat.
Depuis sa prise de pouvoir, Oligui Nguema a initié plusieurs réformes, notamment la nationalisation de la société pétrolière Assala Energy en juillet 2024, visant à renforcer la souveraineté économique du Gabon.
Par ailleurs, un référendum constitutionnel en novembre 2024 a abouti à l’adoption d’une nouvelle constitution, introduisant un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois et supprimant le poste de Premier ministre, renforçant ainsi le régime présidentiel.
Ces initiatives reflètent l’engagement d’Oligui Nguema à restructurer les institutions gabonaises et à promouvoir une gouvernance plus efficace et transparente.







Avis
Il n’y a pas encore d’avis.